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Mauritanie : les défenseurs des droits humains condamnent la répression du mouvement « Touche pas à ma nationalité »

Septembre 29, 2011

La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) et l'Association Mauritanienne des Droits de l'Homme (AMDH) sont profondément préoccupées par les affrontements violents  survenus en Mauritanie entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont  causé la mort d'une personne, fait une dizaine de blessés et conduit à  plusieurs cas d'arrestations et de détentions arbitraires.

 

Dans un communiqué conjoint, les  deux organisations appellent les autorités mauritaniennes à prendre toutes  les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces violences, dans le  plus strict respect du droit international des droits de l'Homme et à  procéder dans les plus brefs délais à la libération des personnes encore  détenues, si aucune charge n'est retenue à leur encontre.

D’après leurs investigations, les affrontements survenus les 24 et 25 septembre 2011 dans la ville de Kaédi (située à environ 400 km au sud de Nouakchott) auraient fait  environ cinq blessés graves parmi les manifestants. À Maghama (ville située à environ 60 km au sud de Kaédi), les gendarmes auraient tiré à  balles réelles lors des manifestations organisées les 26 et 27 septembre  2011, des tirs qui auraient causé la mort d'un jeune homme de 19 ans et fait environ dix blessés, dont au moins six ont été évacués vers Kaédi  dans un état grave.

Toujours selon les deux organisations, les forces de l'ordre  auraient procédé dans les villes de Kaédi et de Maghama à des recherches ciblées au sein de certaines maisons  pour y trouver et arrêter des manifestants. Plus d'une vingtaine de  personnes font encore aujourd'hui l'objet de détentions arbitraires et  n'ont toujours pas eu accès à leurs avocats ou leurs familles. Enfin, les autorités mauritaniennes ont procédé à l'envoi de garnisons militaires supplémentaires pour rétablir l'ordre dans plusieurs villes du sud qui seraient désormais placées en état de siège.

Depuis plusieurs semaines différentes villes de la Mauritanie, dont Bogué, Bababé, Kaédi ou Maghama mais aussi la capitale, Nouakchott, sont secouées par des manifestations – relais du mouvement « Touche pas à ma  nationalité ». Ces manifestations visent à dénoncer les pratiques discriminatoires observées à l'encontre des Noirs notamment dans le cadre du processus en cours de recensement de la population. Les manifestants dénoncent notamment une composition non représentative des Commissions chargées d'effectuer ce recensement ou encore des demandes de pièces justificatives de nationalité souvent impossible à réunir (pièces d'identité ou actes de décès des arrière grands-parents, etc.). En outre, les manifestants contestent le fait que les personnes âgées de moins de 45 ans dont les parents n'auront pas réussi à prouver leur nationalité ne pourront pas eux-mêmes se faire recenser.


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