Niger: Incendie ministère de la justice, complicités en haut lieu
Après l'origine "criminelle" des incendies du ministère de la justice, dénoncée par le gouvernement du Niger, un réseau d'organisations pour la transparence a indiqué jeudi que les pyromanes ont bénéficié de complicité en haut lieu.
Ce fut un incendie planifié et "l'enquête le dira plus loin qu'il a bel et bien des complicités extrêmes" a déclaré Ali Idrissa, coordonnateur national du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire au Niger (ROTAB).
Ces gens qui ont brûlé toute la chaîne de dépense publique et de contrôle de l’État peuvent "avoir toute complicité qu'ils souhaitent (…) au niveau de l'administration publique", a expliqué M. Drissa.
La planification réussie de cette opération "mafieuse" a visé le ministère de la justice parce que les autorités actuelles ont engagé une campagne d'assainissement des finances publiques, qui a abouti à l'inculpation de plusieurs personnalités dont des députés en exercice "contre lesquels il y a des preuves et des soupçons de détournement de deniers publics", a révélé le coordonnateur du ROTAB.
Un incendie a ravagé mardi les bureaux du ministère de la justice calcinant 60 années d'archivage et des dossiers liés à des affaires sensibles, alors que ces documents devraient passer à la phase de l'archivage informatisé.
Il s’agit d’un sinistre "d'origine criminelle" selon les autorités nigériennes. Elles ont annoncé l'arrivée prochaine d'experts français pour contribuer à mener une enquête approfondie.
Le régime du président Mahamadou Issoufou, a affiché sa détermination à lutter contre la corruption, notamment parmi les magistrats.
Il a aussi demandé fin décembre la levée de l'immunité de huit députés pour leur implication présumée dans des affaires de corruption ou de détournements de fonds publics.
En août 2011, le ministère de la Justice a mis en service un numéro vert pour permettre aux citoyens de dénoncer des cas de corruption.
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