Bamako saisit la CPI contre les rebelles au nord-Mali
Le gouvernement de transition du Mali « a décidé de déférer au procureur de la Cour pénale internationale les faits survenus » dans le nord Mali et attribués à des mouvements armés.
La décision a été annoncée mercredi lors d'un conseil des ministres sous la présidence du Premier ministre Cheick Modibo Diarra.
« Depuis le mois de janvier 2012 des groupes armés se sont attaqués à plusieurs localités situées dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou commettant des faits extrêmement graves pouvant être qualifiés de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou d'autres violations graves du droit international humanitaire" indique le communiqué du Conseil des ministres.
Il cite nommément «le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA), Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine et d'autres groupuscules armés», comme auteurs de ces faits.
"Conformément au Statut de Rome, le Mali en tant qu'Etat partie et Etat sur le territoire duquel les faits incriminés se sont produits, a décidé de déférer au Procureur de la Cour Pénale Internationale les faits survenus dans les trois Régions", précise le document.
Le MNLA (qui lutte pour l’indépendance de l’Azawad) et l’Ansar Dine (qui prône la charia) ont proclamé l’indépendance de l’Etat islamique de l’Azawad au cours du week-end.
Réagissant à cette proclamation le gouvernement intérimaire du Mali dirigé par le président Diouncouda Traoré parti à Paris le 23 mai pour des examens médicaux, a réaffirmé l’unité et la laïcité de la République du Mali.
L’occupation du nord Mali par des mouvements rebelles a entrainé le déplacement de nombreuses populations vers la capitale et les pays frontaliers.
Amnesty international qui a enquêté pendant trois semaines en avril dans la capitale malienne, Bamako, mais aussi dans quatre camps de réfugiés au Niger voisin, estime que "toutes les parties au conflit ont commis et continuent de commettre des violations" des droits de l'Homme.
Le rapport intitulé "Mali: retour sur cinq mois de crise", fait état de viols, exécutions sommaires, détentions arbitraires et enrôlement d'enfants soldats dans ce pays coupé en deux après le coup d’Etat du 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré.
Tweet