Niger: les réfugiés maliens "durement touchés" par la crise alimentaire
Déjà durement touchée par une saison agricole 2011-2012 médiocre caractérisée par une pluviométrie mal répartie, la population du nord Tillabéry (Niger) doit désormais partager ses maigres ressources avec les nombreux réfugiés maliens démunis de tous, selon le Comité International de la Croix Rouge (CICR).
Aminata Walid, originaire de Ménaka, est arrivée au Niger avec pour seule possession les vêtements qu'elle portait pendant sa fuite. Les membres de sa famille et ses connaissances sont dispersés sur plusieurs sites.
Malgré les difficultés, elle éprouve un véritable sentiment de sécurité : "Le vrai changement quand on est arrivés ici, c'est de ne plus entendre le bruit d'un fusil."
"De plus en plus de familles se rabattent sur des solutions de derniers recours", affirme Jules Amoti, coordonnateur des programmes de sécurité économique du CICR pour le Niger et le Mali. " Certaines réduisent le nombre de repas quotidiens, d'autres bradent des animaux, et d'autres encore choisissent l'exode vers des lieux moins touchés par la crise. "
La région de Tillabéry est l'une des plus durement touchées par l'insécurité alimentaire au Sahel, conséquence des mauvaises récoltes lors de la campagne agricole 2010-2011. L'afflux de personnes fuyant le conflit au Mali ne fait qu'aggraver la situation.
De nombreux ménages ne peuvent plus se nourrir convenablement faute de provisions suffisantes. Leur pouvoir d'achat étant trop faible, les plus démunis ne peuvent plus s'approvisionner sur le marché.
Selon les autorités nigériennes, plus de 30,000 Maliens de la région de Ménaka ainsi que environ 8,000 Nigériens vivant au Mali ont ainsi trouvé refuge au Niger depuis le début de l'année, fuyant les combats entre forces gouvernementales et groupes armés.
Source: CICR
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