Les ivoiriens invitent le Liberia à veiller sur sa frontière
L’attaque meurtrière contre des villages dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et des casques bleus des Nations Unies continue de soulever une vague d’indignation sans précédant. La lourde atmosphère de tristesse qui plane sur cette partie du pays est doublée d’une colère envers le voisin libérien.
En effet l’attaque intervient 48 heures après la sortie de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et de son ministre de l'information Lewis Brown qui ont martelé que le Libéria ne servira jamais de base arrière à des groupes armés qui envisagent de déstabiliser de la Côte d’Ivoire.
Coïncidence, défis des groupes armés aux autorités libériennes, mauvaise foi de Monrovia envers Abidjan?…Abidjan l'on refuse de juger trop hâtivement mais la suspicion est grande.
De nombreux ivoiriens pointent du doigt l’incapacité des forces libériennes à remplir leur part du contrat dans la vaste opération de sécurisation de la frontière ouest qui implique également la Mission des Nations Unies au Liberia (MUNIL), l’Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et l'armée ivoirienne.
Le Libéria a annoncé la fermeture de sa frontière, une mesure qui fait office de goute d’eau dans la marre puisse qu’il y a au moins quinze ans que ni les autorités ivoiriennes ni celles du Libéria ne sont maîtres de cette frontière longue de plus 700 kilomètres et truffée de nids de milliers de mercenaires, miliciens et groupes armés incontrôlés.
Les autorités Ivoiriennes annoncent pour leur part un renfort de troupe dans la partie ouest du pays mais d’ici là la localité de Tai se vide de ses habitants apeurés par les risques de récidive.
Dans cette zone ultra sensible, l’ONUCI a récemment renforcé sa présence en raison de menaces d’attaques contre les populations civiles. Dans un communiqué rendu public la mission des Nations Unies a assuré qu’elle prendra toutes les mesures qui s’imposent suite à cette grave violation du droit international.
Suy Kahofi, correspondant Côte d'Ivoire
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